| Avec un port bloqué et débloqué par intermittence, et des transporteurs qui hésitent à s’y aventurer, les produits de base sont toujours absents de nombreux rayons. Quand les grandes surfaces ne sont pas purement et simplement fermées par l’USTKE. Si la circulation a pu reprendre de façon quasi normale dans Ducos, le port est toujours victime d’un jeu de cache-cache entre les gendarmes et l’USTKE. Tantôt il est bloqué, tantôt il est ouvert. Mais quoi qu’il en soit, les conteneurs ne sortent qu’en très petite quantité. Sur les quatre sociétés de transport routier qui traitent le fret maritime, une seule avait osé jusqu’à hier y aventurer ses camions. On est donc très loin d’un retour à la normale. Dans les rayons de la plupart des supermarchés, on ne trouve plus (ou pratiquement plus) ni pain, ni farine, ni pâtes, ni œufs. Et plusieurs grandes surfaces ont été bloquées hier par l’USTKE. Certaines stations-services ont pu être réapprovisionnées en bouteilles de gaz, mais pas toutes. Il faudrait des jours pour toutes les réassortir. Mardi, les éleveurs de volailles et de poules pondeuses, à court de denrées alimentaires, ont reçu un stock pour quelques jours. Mais voilà, plus de la moitié de la production d’œufs du territoire se fait au sud de Saint-Louis, où plus aucun véhicule ne passe depuis le blocage d’hier matin. Quelques centaines de milliers de volailles sont donc à nouveau menacés de famine, et même d’extermination. Camions caillassés ou sabotés aux abords du port La pénurie commence à se faire sentir aussi en matière de médicaments. Un conteneur destiné au CHT a été sorti du port et transporté sous escorte policière jusqu’à destination. Mais la situation reste chaotique. Pourquoi trois transporteurs sur quatre n’osent pas sortir de marchandises du port ? Parce que tous ont été menacés de représailles. Un seul est passé outre. STTR, société dirigée par Claude Vidal. « Lundi, un de mes camions a chargé un conteneur et l’a transporté jusqu’à son destinataire, une entreprise de Nouville. Il a été suivi par des gens de l’USTKE. Profitant d’un arrêt, un homme a sectionné les durites de frein de la remorque », explique le chef d’entreprise qui a porté plainte. Un autre a reçu une grosse caillasse sur la benne alors qu’il était au feu rouge, devant le musée maritime. Claude Vidal déplore que les autres transporteurs n’agissent pas comme lui. « On pourrait alors organiser des convois sécurisés. » Mais il ne les accuse pas pour autant. « Ce n’est pas facile de convaincre les chauffeurs d’aller sur le port. Il y a la peur. Il y a aussi le fait que chauffeurs et personnels du port se connaissent, puisque, en temps normal, ils travaillent ensemble. » |
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